d) Pourquoi l’estomac ne peut-il se digérer lui-même ?
Il s'agit là d’un problème très troublant, puisque, si l’on fait ingérer des fragments d'estomac de
chien à l'un de ses congénères, il les digère parfaitement, tandis qu'il ne peut pas digérer les tissus de
son propre estomac !
De nombreuses théories, plus ou moins baroques, ont été proposées, par les physiologistes pour
expliquer ce singulier phénomène, mais aucune d'elles n'a résisté à la critique, et foutes, en fin de
compte, ont été repoussées.
Cependant le fait dévient compréhensible et même rationnel si l'on remarque que les fragments
d'estomacs ingérés sont morts, ne sont plus à l'état colloïdal, ils sont floculés, et peuvent alors être
attaqués par les ferments digestifs, alors que la muqueuse du chien vivant est faite de matériaux
colloïdaux invulnérables, dans les conditions normales de l’existence.
UNE PROPRIÉTÉ MYSTÉRIEUSE DES COLLOÏDES
La colloïdité, que les réactifs chimiques violents comme l’acide chlorhydrique ou la soude
n'atteignent pas, peut cependant être attaquée et détruite par d'autres colloïdes aussi inertes
chimiquement.
Ces actions intercolloïdales sont extrêmement singulières, et il y aurait un intérêt considérable a
en connaître le mécanisme qui permettrait d'élucider nombre de phénomènes physiologiques et
pathologiques complètement obscurs.
C'est là un problème que nul n'a cherché à pénétrer !
On peut facilement démontrer cette interaction entre des corps inertes de la façon suivante :
Sacrifions un cobaye et prélevons aussitôt les muscles d’une cuisse en les divisant en petits
fragments que nous broyons dans un mortier, avec du sable pur bien lavé, stérilisé en présence d'un
peu de sérum physiologique, et filtrons, sans perdre de temps, ce broyat sur du papier Chardin.
Nous obtiendrons un liquide qui sera parfaitement limpide et contiendra en même temps les extraits
tissulaires et humoraux, c'est-à-dire un mélange de tous les colloïdes du sang, des humeurs et des
muscles.
Or, au bout de quelques minutes, ce filtrat commencera à précipiter, il deviendra trouble par suite
de l'action réciproque des divers colloïdes ainsi mélangés.
En filtrant de nouveau, au bout d'une demi-heure ou d'une heure, ce liquide trouble, on aura de
nouveau un liquide clair qui continuera à précipiter spontanément, mais plus lentement et moins
abondamment, et ce phénomène de précipitation continuera à se produire après une troisième, une
quatrième et même une dixième filtration.
Les réactions intercolloïdales se poursuivent ainsi pendant des heures.
Voici des exemples concrets de ces destructions des colloïdes par précipitation, chez les êtres
vivants.
a)
L'ablation mortelle des garrots.
Au cours d'une partie de chasse, l’un des émules de saint Hubert dépose son fusil contre un
buisson, sans prendre la précaution de mettre l'arme au cran de sûreté. Une branche basse de ce
buisson vient alors appuyer sur la gâchette et fait partir le coup.
La charge frappe, à bout portant, le coude droit du malheureux imprudent. L'un de ses
camarades, qui était médecin, devant l'écrasement des tissus et l’hémorragie consécutive qui survint,
s'empressa d'appliquer un garrot sur le bras afin d'arrêter l'effusion sanguine, en utilisant, à cet effet,
la bretelle du fusil.
Il fallait ensuite transporter le blessé dans une clinique où l'amputation du bras devait être
pratiquée. Etant donné l'éloignement du terrain de chasse et l'accident étant survenu un dimanche où
le chirurgien était absent, c'est seulement six heures après l'accident que l’intervention fut possible.
Mais elle n'eut pas lieu.
Le blessé était cependant, à ce moment, dans un état général très satisfaisant : sa respiration était
normale ainsi que son pouls, il ne souffrait même presque pas, mais voilà qu'à l'instant où le garrot
fut desserré, en quelques secondes le blessé pâlit subitement, sa peau se recouvrit d’une sueur
froide profuse, son pouls ne fut plus perceptible, sa pression artérielle s'étant effondrée, il perdit
connaissance et mourut aussitôt, sans qu'aucun traitement n'ait pu éviter l'issue fatale. Les colloïdes
tissulaires et humoraux s'étant mélangés à la suite de l'écrasement et en réagissant les uns sur les
autres avaient donné un précipité qui, à l'instant où le garrot avait été desserré, a pénétré
brusquement dans la circulation pour provoquer une vaso-dilatation considérable de l'arbre
circulatoire, entraînant une chute brutale de la tension artérielle et la mort.
Nous pourrions citer d'autres cas tout à fait analogues et terminés aussi tragiquement, ainsi que
d'autres exemples dans lesquels les choses se sont passées de la même manière sans application de
garrot, comme dans le fait suivant :
Pendant la guerre de 1914-1918, un capitaine d'artillerie est dans sa cagna au moment où un
obus de gros calibre vient effondrer le toit de son abri. Il est emprisonné sous les décombres où une
poutre vient écraser sa cuisse droite. N'ayant pas perdu connaissance et conservé tout son sangfroid,
il donne lui-même des ordres pour son dégagement qui dure plusieurs heures ; il ne souffre
pas, n'éprouve même aucun malaise et il espère être bientôt libéré quand, aussitôt la pièce de bois qui
comprimait son membre inférieur étant enlevée, il devient livide et prend immédiatement une
syncope mortelle, avec les mêmes symptômes que ceux observés à la suite de l'ablation des garrots
et certainement suivant le même processus.
Si nous avions été présent, dans ces différents cas, nous aurions pu éviter les phénomènes
mortels, parce que nous avons découvert les propriétés des colloïdes, de leurs interactions et des
effets des floculations introduites dans la circulation, c'est-à-dire tout ce que la médecine des traités
ignore en ce qui regarde les états colloïdaux.
Comme nous l'avons démontré, ces faits nous ont aidé à comprendre la raison du dérèglement
des fonctions vitales, c'est-à-dire la cause essentielle la plus prochaine de la maladie.
QU'EST-CE QUE LA MALADIE ?
L'état de santé est caractérisé par la belle régularité des fonctions vitales : la température du corps
humain est sensiblement constante, les rythmes de la respiration, du coeur sont également réguliers,
ainsi que ceux de toutes les autres fonctions vitales.
Lorsque des perturbations surgissent de ces rythmes, c'est l'état de maladie qui survient.
Demandez alors à votre médecin quelle est la cause de ce dérèglement, c'est-à-dire de la maladie.
Il vous répondra qu'il n'y a pas une cause de maladie, mais de multiples raisons d'ailleurs
disparates, par exemple : les intoxications par des poisons, les infections par les microbes
pathogènes, le surmenage, les traumatismes, l'excès de la chaleur ou du froid, etc.
Vous répliquerez que vous n'ignorez pas l'existence de ces causes apparentes et diverses ; mais
ce que vous désirez savoir, c'est comment ces causes si diverses arrivent à troubler les rythmes
fonctionnels.
Et vous ajouterez : comment l'une de ces causes apparentes, par exemple l'ingestion de crustacés,
va-t-elle être inoffensive pour certains sujets, tandis que chez d'autres elle va entraîner une poussée
d'urticaire généralisée, chez d'autres encore un accès d'asthme ou une crise d'épilepsie, chez d'autres
enfin des troubles hépatiques ou des migraines, des dérangements gastro-intestinaux, etc.
Il sera bien forcé d'avouer qu'il n'en sait rien et que les traités de médecine ne lui ont rien appris
sur ce point.
Nous savons seulement que les pathologistes ont cherché dans les humeurs les agents qui
seraient capables de déclencher les troubles morbides et, comme ils n'ont rien pu y découvrir de
nocif, ils en ont conclu que les causes intimes des maladies devaient se trouver dans les lésions des
organes et des tissus.
La médecine est devenue ainsi uniquement
pathologiques que les altérations anatomiques et histologiques des appareils organiques, mais elle
ne nous apprend pas comment ces lésions peuvent provoquer les symptômes morbides.
Tous les humains, dans le cours de leur vie, sont fréquemment victimes de troubles fonctionnels
les plus divers, plus ou moins persistants ou répétés, sans que les enseignements universitaires nous
en donnent les raisons.
solidiste et ne veut voir dans la genèse des désordres
LES TROUBLES FONCTIONNELS
Ce que l'on peut savoir, sur ce problème, a été remarquablement défini par l'éminent professeur
Abrami, qui, dans sa leçon inaugurale du 27 novembre 1936, à la Faculté de médecine de Paris, a
exposé l'ignorance du classicisme quant aux causes de ces troubles.
Voici d'ailleurs ses propres paroles sur cette question :
« La place occupée par ces troubles fonctionnels est considérable ; pour s'en convaincre,
apprend-il aux étudiants, il suffit, à vrai dire, d'exercer la médecine, non pas dans les salles d'hôpital,
où nous ne voyons guère que des affections organiques, mais déjà dans les consultations
hospitalières et plus encore parmi la clientèle de la ville.
« Alors vous vous persuaderez vite que plus de la moitié des affections dont souffrent les
humains sont purement fonctionnelles, c'est-à-dire n'ont aucun fondement lésionnel.
« Elles ne sont pas pour cela imaginaires, ni pithiatiques, mais produites par le dérèglement d’un
des nombreux mécanismes nerveux, glandulaires ou circulatoires qui maintiennent en équilibre le
fonctionnement si complexe de notre organisme : elles se manifestent à l'envi dans tous les
domaines.
« Céphalées, migraines, états vertigineux, coryza spasmodique, asthme et tout le cycle des
intolérances et des idiosyncrasies. Crises d'extra-systoles, cardialgie et toute la gamme des
cénestopathies, des dyspepsies gastro-intestinales, des entérocolites, ne sont, dans la majorité des
cas, que l'expression de ces dérèglements.
« Très souvent, l'examen somatique le plus rigoureux ne permet de découvrir nulle part l'épine
irritative dont ces troubles ne sont que l'expression à distance, la maladie est alors tout entière
fonctionnelle. »
Abrami, constatant alors l'ignorance de la cause de ces troubles, fait ressortir l'impuissance
complète de la thérapeutique classique vis-à-vis de ces accidents morbides :
« Combien de malades, déclare-t-il, courent de médecin en médecin, portant le poids de
diagnostics erronés, considérés comme atteints d'affections organiques du coeur, de l'estomac, de
l'intestin ou du foie, dépensent une fortune en examens et analyses de toutes sortes, soumis, suivant
la fantaisie de chacun, à des changements continuels, toujours pernicieux, de régime et de traitement,
et bien heureux si quelque avis formel ne les a pas confiés au bistouri, annulant pour toujours leur
chance de guérison. »
Abrami a donc eu le courage d'avouer la vérité : c'est à son ignorance ainsi qu'à celle des maîtres
de la médecine qu'il attribue l'impuissance de la thérapeutique livresque.
Et cet aveu ne lui a jamais été pardonné par les conformistes, car nul n'a plus jamais fait allusion
à sa mémorable leçon inaugurale.
LA CAUSE UNIVOQUE
ET LE MÉCANISME DES SYMPTÔMES DE LA MALADIE
Le facteur causal de presque tous les troubles pathologiques est la formation ou l'introduction
dans l'économie de
certains colloïdes, soit d'autres réactions aboutissant à ces précipitations. Leurs effets sont
essentiellement différents suivant le siège de leur formation et leur abondance.
particules solides, de précipités, de
floculats résultant soit de la destruction de
a)
Formation des précipités dans les vaisseaux.
1 - Si ces précipités sont formés ou introduits dans la circulation rapidement et en abondance, ce
sont les chocs qui surviennent plus on moins violents et même mortels, comme ceux que nous
avons signalés à l'occasion de l'ablation des garrots.
Ils agissent moins brutalement dans les infections aiguës, lorsqu'ils résultent de l'action des
toxines microbiennes sur les humeurs des sujets réceptifs ; ils bouleversent, dans ces cas, les
grandes fonctions, provoquant les symptômes généraux des infections graves par l'irritation des
terminaisons endovasculaires des nerfs sympathiques en enlevant ainsi à ce système nerveux sa
faculté merveilleuse de régulariser les fonctions vitales.
2 - Si les précipitations se forment plus lentement et en proportions plus faibles, elles peuvent
bien élever le tonus fonctionnel, sans entraîner aucun symptôme général, aussi longtemps que les
organes irrigués par le sang qui les renferme sont normaux et présentent une sensibilité également
normale, mais si l'un de ces organes, par suite d'influences circonstancielles diverses, a acquis une
hypersensibilité particulière, par exemple à la suite d'un état inflammatoire antérieur local qui aura
accru son irritabilité, il réagira à l'excitation des particules solides et sa réaction se traduira par des
manifestations variables avec l'organe irritable.
C'est ainsi qu'un sujet, dont l'appareil broncho-pulmonaire aura été rendu hyperexcitable
antérieurement, fera un accès d'asthme quand le floculat viendra irriter l'appareil hypersensible.
Si un autre sujet, dont l'épine irritative siège au niveau de l'écorce cérébrale, se trouve soumis à la
même influence d'un précipité, c'est la crise d'épilepsie qui surgira.
On comprendra alors qu'un même floculat soit susceptible de déclencher des troubles différents
suivant la sensibilité excessive de certains appareils organiques et aussi pourquoi des causes tout à
fait disparates provoqueront un même effet si elles engendrent toutes un même floculat.
Les mystères de la pathologie auxquels nous avons fait allusion au début du présent chapitre
s'éclaireront ainsi d'une façon complète.
3 - Lorsque les particules solides se formeront plus lentement encore dans la circulation, et en
quantités croissantes mais réduites, elles pourront être entraînées dans le courant circulatoire sans
produire d'abord d'effet quelconque, mais lorsqu'elles ne sont pas éliminées par un processus que
nous ne rappellerons pas pour le moment, elles pourront être entraînées par le courant sanguin et
finir par s'arrêter dans les capillaires d'un des points où la circulation est ralentie, c'est-à-dire au
niveau des articulations où les fines ramifications vasculaires présentent des courbures ou coudures
; une simple compression externe accidentelle peut même suspendre pour un instant le cours du
sang en certains points et favoriser le dépôt des particules insolubles où elles peuvent s'accumuler
au voisinage du tissu osseux de l'articulation.
Ces amas de corpuscules insolubles sont alors des lieux d'appel pour les leucocytes qui
arriveront en nombre d'autant plus grand que les précipités stagnants seront eux-mêmes plus
nombreux.
Le travail intense des leucocytes occasionnera des réactions locales subinflammatoires et même,
si les floculats sont abondants, des états inflammatoires locaux parfois violents avec rougeur,
chaleur, douleur, gonflement. En très petites quantités, ces précipitations n'attirent que peu de
macrophages et aucune manifestation appréciable ne se produit tout d’abord, mais la légère irritation
du périoste qu'elles entraînent finira par faire proliférer le tissu osseux en donnant des ostéophytes
causant une certaine gêne par des déformations et pourront même bloquer les articulations.
Ce sont les arthrites et les arthroses du rhumatisme dont la genèse échappe aux pathologistes,
mais que notre thèse permet de comprendre. L'une des plus grandes et des plus fréquentes calamités
qui frappent l'homme n’est-elle pas le rhumatisme ?
Peu d'individus arrivés à l'âge mûr et surtout dans leur vieillesse échappent complètement à son
emprise, conservent la souplesse de leurs articulations et de leurs mouvements. Le nombre de ceux
qui ont de l'enraidissement de leurs membres, qui souffrent, dont les extrémités sont déformées et
qui présentent de l'impotence à des degrés divers, est immense !
Ces manifestations, qui passent à la chronicité, sont si fréquentes qu'on les considère souvent
comme des conséquences forcées de l'âge. Elles sont si banales qu'elles n’attirent guère l'attention
des pathologistes et que leur genèse demeure encore dans les brumes des enseignements
universitaires.
On constate les faits les plus communs, qui tombent tous les jours sous nos sens, sans que l'on
songe à en découvrir les raisons.
Ce sont ces raisons que nous avons dévoilées.
b)
L'inflammation.
Formation des précipités en dehors des vaisseaux dans
les tissus.
Après avoir précisé le rôle que peuvent jouer les précipitations dans les humeurs circulantes, il
est nécessaire d'étudier les effets qui résultent de la présence de ces mêmes particules lorsqu'elles se
forment en dehors de l’arbre circulatoire et cette éventualité est extrêmement fréquente.
Lorsqu’un microbe pathogène arrive à pénétrer dans un organisme, s'il peut s'y développer, il
sécrète des toxines qui précipitent par les humeurs des sujets infectés.
Ce sont les particules solides ainsi formées qui sont le point de départ et la cause déterminante
des états inflammatoires dont la genèse répond au processus suivant.
Les leucocytes polylobés qui, dans le sang, accompagnent les globules rouges sont au nombre
approximatif de cinq mille (5.000) par millimètre cube de sang, soit au total, chez l'adulte, de
quelque cinquante milliards d'éléments, sont des cellules blanches, essentiellement mobiles dont les
propriétés sont
véritablement extraordinaires.
Elles possèdent le miraculeux pouvoir d'être attirées à distance par tout corps étranger solide
ayant pénétré dans l'économie.
L'habitat de ces cellules blanches est normalement l’arbre circulatoire, c'est-à-dire la masse
sanguine, mais, si des particules solides, étrangères à l'organisme, viennent à se former au sein d'un
tissu quel qu'il soit, ou si elles y sont introduites par un moyen quelconque, aussitôt les leucocytes
sortent des vaisseaux et se jettent sur ces impuretés solides pour tenter d'en débarrasser le milieu
intérieur de l'individu qui les héberge.
Pour atteindre leur proie, ces leucocytes (macrophages) parviennent à traverser la paroi des
vaisseaux, malgré la continuité apparente des parois vasculaires dans laquelle le microscope ne
décèle aucune brèche pouvant servir de passage aux globules blancs.
Et cependant ils traversent l'épaisseur de cette paroi.
À cet, effet, ils s'amincissent, deviennent filiformes et leur fil s'insinue entre les cellules dans des
interstices dont le chemin reste invisible ; leur substance, après s’être ainsi étirée, se rassemble à la
sortie du vaisseau pont reconstituer la cellule qui se précipite vers le corps étranger, parfois situé à
distance.
Cette puissance attractive de la cellule leucocytaire pour toute parcelle de corps étranger
insoluble, puissance qui commande ces phénomènes invraisemblables de diapédèse, est l'un des
phénomènes les plus fantastiques de la biologie, et les maîtres restent impassibles devant une telle
énigme,
Comment des corpuscules microscopiques solides, complètement inertes, ne pouvant rien laisser
échapper de leur substance, peuvent-ils être décelés, à distance, par des organismes enfermés dans
les vaisseaux, et comment ces organismes peuvent-ils avoir conscience de la mission qui leur est
dévolue et être prévenus de la présence d'éléments qu'ils doivent attaquer sans que l'on puisse
imaginer un mode de communication entre le leucocyte et le corps étranger à éliminer ?
Jamais nous ne nous sommes trouvés en présence d'un aussi profond mystère.
C'est ce mystère qui est à la base des phénomènes inflammatoires toujours provoqués par la
présence, dans l'organisme, de précipités insolubles ; ce sont ces précipités qui attirent, en foule, les
leucocytes macrophagiques et c'est l’activité de leur travail intensif qui entraîne tous les symptômes
de la phlegmasie : rougeur par la dilatation des capillaires, afflux sanguin consécutif et hyperthermie
locale, douleur, par réaction sur le système nerveux, gonflement, exsudation, irritation cytologique
mécanique sollicitant les hyperplasies, destruction de la vitalité de certains leucocytes qui
succombent en donnant des globules de pus, etc.
Bref, la cause essentielle et primitive de l'inflammation est dévoilée grâce à la connaissance du
phénomène initial : la précipitation.
CONCLUSIONS RELATIVES À LA NATURE DE LA MALADIE
On ne contestera pas que nos conceptions, qui découlent de l'observation et de l'interprétation
des faits, apportent à la pathologie d'éclatants éclaircissements. Elles conduisent rationnellement
cette pathologie sur un terrain tout nouveau qui la divise en deux grandes branches :
1 - La pathologie des affections lésionnelles.
2 - La pathologie des troubles fonctionnels.
Avec les lésions nous revenons à la théorie solidiste qui rattache toutes les manifestations
morbides à l'altération des organes et des tissus.
Nous sommes ramenés au temps où Trousseau constatait que les malades guérissaient plus vite
et mieux sans leur administrer de remèdes qu'en les soumettant aux traitements médicamenteux
préconisés par les traités.
C'était la négation de toute thérapeutique et ces notions avaient inspiré Carton dans sa fameuse
thèse de l'hygiène naturiste.
Mais il y a une autre pathologie qui est celle des troubles fonctionnels, beaucoup plus fréquente
que celle des accidents lésionnels. Le problème le plus important de la médecine consistait alors à
en trouver la cause et le mécanisme
Ce sont les découvertes que nous avons faites.
Nous avons prouvé que les dérèglements constituant l'état de maladie se trouvait dans les
humeurs et que le corps du délit responsable de presque tous les troubles morbides est
dans l’organisme, dans le sang ou dans les tissus
malade
Ce sont ces particules insolubles, ces précipités, ces floculations qui engendrent les chocs, les
grands symptômes généraux des affections aiguës, tous les troubles fonctionnels particuliers aux
individus, toutes les manifestations du rhumatisme ainsi que tous les états inflammatoires, c’est-àdire
l'immense majorité des états pathologiques.
Certes, la précipitation n'est pas toute la pathologie, et, il existe d'autres processus, infiniment
moins nombreux et si peu fréquents que l'on peut dire qu'avec la notion de la précipitation, la cause
essentielle et primitive de la maladie est aujourd'hui connue grâce à nos recherches.
On peut dire alors que la formation de corps insolubles dans l’organisme est l'origine de
presque tous les maux dont souffre l'humanité.
Tel est le principe capital et le plus important de la médecine.
Sa connaissance permet enfin d'imaginer des procédés thérapeutiques efficaces, alors que les
moyens classiques de traitement restent inopérants.
Avant d'exposer les bases de cette thérapeutique, rappelons que la formation de corps insolubles
dans l'organisme est due, dans Ia plupart des cas, à la destruction de l'état colloïdal, ce qui nous
permet de compléter de la façon suivante le grand principe de base de la biologie.
.la présence, de particules solides étrangères
à l’individu.
L'état colloïdal conditionne la vie, la destruction de cet état, c'est-à-dire la précipitation, la
floculation, déterminant la maladie et la mort
Indépendamment de ce principe qui résulte de l'étude du présent chapitre « L'Homme et les
Colloïdes », résumons les inquisitions nouvelles que cette étude nous a permis d'établir.
1 - Les colloïdes dont les êtres vivants sont constitués sont des agrégats des mêmes corps
simples que ceux qui entrent dans la composition des composés de la chimie des substances non
vivantes.
.
C’est l'arrangement de ces éléments qui confère aux colloïdes leurs caractères et leurs propriétés.
2 - Les colloïdes sont élaborés par les êtres vivants, les chimistes n'ont pas réussi à en faire la
synthèse.
3 - Ils ont une inertie chimique presque complète ; le chimiste ne peut faire réagir sur eux aucun
des réactifs qu'il utilise pour préparer des corps nouveaux.
4 - En vertu de cette immunité, les tissus vivants sont incolorables par les matières colorantes.
5 - La composition des tissus et des humeurs des êtres vivants est constante ; elle ne peut être
modifiée ni par les aliments ni par les médicaments.
5 - L'estomac ne peut se digérer lui-même tant que sa muqueuse reste à l’état vivant, c'est-à-dire
colloïdal.
7 - Un colloïde qui résiste aux réactifs chimiques, même violents, peut être détruit et précipité par
un autre colloïde aussi chimiquement inerte que lui-même.
8 - L'état colloïdal n'est détruit que par précipitation.
9 - L'ablation des garrots est souvent mortelle parce qu'elle laisse passer dans la circulation des
précipités provenant de l'interaction des colloïdes.
10 - La maladie est occasionnée, le plus souvent, par la formation ou l'introduction dans
l'économie de précipités et de floculats.
On chercherait vainement ces notions de primordiale importance
dans les traités de médecine.
CHAPITRE VIII
LA THÉRAPEUTIQUE HUMORALE
Nous avons déjà fait remarquer qu'en analysant avec soin toutes les substances que peuvent
renfermer les humeurs des sujets malades, les pathologistes n'avaient découvert aucun agent
susceptible d'engendrer les troubles morbides et en avaient conclu que ces humeurs ne sont pour
rien dans la genèse de ces troubles et que seules les lésions des organes et des tissus devaient en
être responsables.
Mais ils n'ont jamais pu expliquer par quels mécanismes ces altérations étaient capables de
provoquer les diverses symptomatologies des états morbides et réaliser les dérèglements des
fonctions vitales.
Pourquoi, il y a deux mille ans, Hippocrate, avec son grand bon sens, croyait-il, au contraire, que
ces dérèglements résultaient de perturbations humorales ?
Il avait certainement remarqué que les sujets atteints tout à coup de symptômes pathologiques
extrêmement sévères étaient parfois complètement guéris le lendemain et avait vraisemblablement et
justement pensé que des accidents morbides aussi violents, apparus subitement et ne durant que
quelques heures, ne pouvaient être occasionnés par des lésions organiques qui ne sauraient se
réparer instantanément.
Nul n'avait eu cette idée avant nous que des précipités peuvent prendre naissance dans le milieu
humoral et que ces particules insolubles devaient être responsables de foutes les perturbations dans
les rythmes fonctionnels, c’est-à-dire de la maladie.
La cause la plus immédiate ou la plus prochaine des troubles pathologiques étant enfin connue,
on allait pouvoir la combattre.
Avant tout, c'est à la prophylaxie qu'il fallait songer en cherchant à éviter tous les facteurs
susceptibles d'engendrer la floculation, c’est-à-dire les infections et sub-infections, les intoxications
et auto-intoxications, les dysfonctions organiques et glandulaires, les états anaphylactiques dont il
sera question plus loin, etc.
Lorsque ces raisons précipitantes n'auront pu être empêchées, il s'agira d'en atténuer ou, mieux,
d'en supprimer les effets.
Parmi les moyens que l'on peut employer pour cela, il en est un qui prime de beaucoup tous les
autres, un moyen que nous considérons comme remarquable : c'est l'emploi de l'hyposulfite de
magnésium en injections intraveineuses.
Ce n'est nullement par hasard que nous nous sommes adressés à cette substance. C'est le
raisonnement qui nous y conduit.
Ce sont d'abord les propriétés dissolvantes des hyposulfites auxquelles nous avons songé et qui
sont si abondamment utilisées en photographie, notre premier métier. D'autre part, comme les
précipités agissent en excitant le tissu nerveux, il convenait de rechercher une substance
anesthésiante pour les éléments nerveux et nous nous sommes souvenu que les sels de magnésium
sont des médicaments de choix pour supprimer les crises éclamptiques.
Par conséquent, l'hyposulfite de magnésium, qui réunit ces deux propriétés, devait pouvoir
donner le résultat cherché. C'est ce que l'expérience puis la pratique ont confirmé.
Ce produit, dont le nom commercial est
n'aurions pas fait construire notre nouvelle clinique.
Considérons l'une des affections chroniques fonctionnelles, les plus fréquentes et les plus
rebelles : l'asthme bronchique, et reportons-nous aux deux mille six cent neuf malades qui se sont
présentés à cette clinique en cinq années. Nous en trouvons cinq cent onze qui souffraient depuis
plus de vingt ans (certains depuis trente, quarante, cinquante années et plus) ; cinq cent
quatre-vingt-deux dont les crises remontaient de dix à dix-neuf ans ; trois cent quarante qui étaient
atteints depuis cinq à neuf ans ; quatre cent vingt-cinq de neuf à quatre ans ; trois cent six depuis
deux ans et deux cent trente-huit depuis un an seulement.
Tous ces malades avaient consulté sans succès plusieurs médecins. Parmi ceux qui souffraient
depuis le plus longtemps, certains d'entre eux s'étaient adressés à vingt-cinq ou trente médecins, et
même davantage. Tous avaient absorbé des quantité énormes de médicaments. Pour pouvoir reposer
un peu, nous avons conservé le souvenir de l'un d'eux qui se faisait lui-même jusqu’à vingt-quatre
injections sous-cutanées d'Evatmine par jour.
Aucun de ces malades n'avait pu être guéri, malgré les traitements classiques les plus récents,
analogues à ceux prescrits par MM. Bariéty, J. Le Melletier et R. Lesobre dans le volume des
traitements de la grande
l'emploi de palliatifs, susceptibles de soulager momentanément, mais qui ne guérissent nullement.
Voici un exemple particulier concret de ces cas d'asthme rebelle :
M
quatre-vingt-sept ans, ne signale rien, dans ses antécédents personnels, qu'une crise de rhumatisme
articulaire aigu, à l’âge de trente-neuf ans, mais elle a des crises d'asthme depuis l'âge de seize ans,
c'est-à-dire qu'elle souffre de cette affection depuis soixante et un ans. Ses crises étaient espacées au
début
fait une énorme consommation de poudre Legras qu'elle fait brûler toutes les nuits, à plusieurs
reprises, depuis quatre ou cinq ans.
Ses accès sont surtout nocturnes, mais elle présente une dyspnée d'effort constante ; elle a des
sibilances dans toute l'étendue des deux champs pulmonaires et une tension artérielle à 19-10.
Elle a utilisé aussi nombre de médicaments à base d'adrénaline et d'éphédrine pour n'obtenir que
de cours répits incomplets.
Elle a été guérie en quinze jours à notre clinique par les injections intraveineuses d'hyposulfite de
magnésium.
Il faudrait plusieurs gros volumes pour enregistrer les guérisons obtenues, d'une façon
constante, à la clinique de nos laboratoires, principalement grâce à notre médicament dont les effets
remarquables s'étendent à tous les troubles fonctionnels.
Il est certains cas dans lesquels sa puissance curative nous a étonné nous-mêmes. En voici un
exemple :
Mme D. Br., cinquante-huit ans, ménagère, vient consulter à notre clinique, il y a quatre ans, pour
un eczéma suintant de la face et de la région cervicale que les médecins auxquels elle s'est déjà
adressée n'ont pu guérir au moyen des traitements classiques (pommade et régime).
Mais cette malade ne présente pas seulement cette dermatose banale, elle est atteinte aussi d'une
névralgie faciale du trijumeau, dont elle souffre atrocement et pour laquelle le dernier maître qu'elle a
consulté, devant les échecs de toutes les thérapeutiques mises en oeuvre, avait fini par conseiller la
résection du ganglion de Gasser. Or, le chirurgien appelé à cet effet a demandé que la malade soit
d'abord débarrassée de l'eczéma de la région sur laquelle il devait intervenir, et c'est pour le
traitement de cette dermatose, justiciable du traitement humoral, que l'on s'était adressé à notre
clinique ; dans l'immense majorité des cas, en effet, l'eczéma est guéri par les injections
intraveineuses d'Emgé. C'est indépendamment de la névralgie, et même sans y penser, que le
traitement de l'hyposulfite de magnésium a été aussitôt entrepris.
Or, à notre grande surprise, dès les premières injections, les crises névralgiques s'atténuèrent et
avaient complètement cessé au bout de trois semaines de traitement, l'eczéma ayant disparu en même
temps !
Certes, nous avions bien eu jusque-là plus de vingt mille fois la preuve de l'efficacité de nos
méthodes de traitements humoraux, mais nous ne pouvions nous douter que les affreuses crises
douloureuses de la névralgie faciale pouvaient relever du même mécanisme que les autres troubles
fonctionnels, si variés, occasionnés par les précipités.
Depuis les faits qui viennent d'être rapportés, nous avons constaté les mêmes résultats dans deux
autres cas de névralgie du trijumeau.
Des constatations analogues ont été plusieurs fois enregistrées à l'occasion de manifestations
pathologiques diverses pour lesquelles l'efficacité de la méthode de traitement humoral par
l'hyposulfite de magnésium a été pour nous-mêmes une surprise, et de plus en plus nous déplorons
l'ostracisme des maîtres de la médecine, enfermés dans leur tour d'ivoire, refusant de se rendre à
l'évidence et de faire bénéficier de nos thérapeutiques un nombre considérable d'individus qui
continuent à souffrir par leur faute.
emgé, a une telle valeur curative que, sans lui, nousEncyclopédie
médico-chirurgicale, traitements qui ne comportent quelle Fr... Alphonsine,
soixante-dix-sept ans, dont les parents sont morts à quatre-vingt-cinq et, mais sont devenues de plus en plus
fréquentes ; elle a consulté au moins vingt médecins et a